mardi 29 août 2006

Chapitre 9 : Humidité


A quelques centaines de mètres de la statue de la liberté, au coeur de la baie de New York, sous un soleil de plomb, alors qu'au loin le monde s'agite dans le labyrinthe vertical de Lower Manhattan, que le flot incessant des voitures traverse le pont de Verrazano de part en part et que les ferries de Staten Island transportent la foule habituelle des comuters et des touristes, une goutte d'eau s'éavapore délicatement. S'élevant dans les airs, désormais aussi légère que les nuages qu'elle rejoint, elle se dirige vers le grand large, et bientôt l'Empire State Building n'est plus qu'un point à l'horizon.
Commence la longue traversée. De longues semaines durant, rien d'autre que l'immensité océane à perte de vue. Mais soudain, dans le lointain, les linéaments de la terre apparaissent. Les fières côtes bretonnes se font plus précises, puis c'est la verdure des prés. Là-bas, ces deux flèches élancées, c'est la cathédrale de Chartres, et au loin, on entr'aperçoit le bout pointu de la tour Eiffel. Suivent les montagnes, le Jura tout d'abord puis les Alpes millénaires.
Tout à coup, notre goutelette perd pied. Le froid se fait plus rude, et la goutte s'est recondensée. Elle plonge désormais à vive allure au milieu d'autres qui, comme elle sont en train de choir au milieu des éclairs dans un bruit assourdissant de tonnerre. Profitant d'un éclat lumineux, la goutte en profite pour regarder ce sur quoi elle va tomber. Elle distingue vaguement un lac, puis une ville sur la côte, oui, c'est là qu'elle va s'écraser, le moment approche, elle prend sa respiration, c'en est bientôt fini...

Et vlan, une grosse goutte vient s'écraser sur mon crâne. Le pauvre journal Münchner Wochenblatt que j'avais dans mon sac et que j'avais pris avec moi juste avant de partir ne m'a même pas protégé cinq minutes sous l'orage. C'était pourtant le seul élément susceptible de me protéger de toutes mes affaires.
Que faire, sinon errer dans Langenargen sous la pluie dans l'espoir d'y trouver Louise, marcher sous la pluie en short et sandales, avec sur le dos deux tee shirts : celui que j'avais jusque là et mon tee shirt de pyjama, seule deuxième couche que j'avais pensé à emporter mis à part un tee shirt sec de rechange que je garde au cas où. Il n'y a évidemment plus personne, et la ville donne même l'impression que les maisons sont vides.
Je marche de cabine téléphonique en cabine téléphonique où je me sèche avec ma serviette de plage prévue initialement pour les longues après-midi baignade. Ces cabines grouillent d'araignées, on se croirait vraiment à Koh Lanta. J'aurais préféré l'île de la tentation...
Que faire ? Mais que faire ?
Tout espoir est évidemment perdu.
Je ne retrouverai pas Louise ce soir. Il faudra que je relance les recherches demain.
Oui mais comment ? Je n'en serai pas plus avancé demain. Il faudra que j'attende de très longues heures avant de voir le premier langenargois sortir de sa tannière et j'aurai beau le questionner, s'il ne connaît pas Louise, je ne serai pas plus avancé.
Je blêmis encore un peu plus, si c'est possible.
Il y a bien des hôtels le long du lac, mais tous sont fermés à cette heure là, il n'y a personne à la réception, et surtout ils ont l'air horriblement chers.
Après une courte réunion de crise avec mon cerveau, je décide de retourner vers la gare où je trouverai peut-être refuge. Elle est fermée mais il y a un banc abrité sur le quai. Je m'y installe, me recouvre les jambes de ma serviette, m'allonde et essaie de dormir.

dimanche 27 août 2006

Première partie : New York


Petit diaporama pour raconter mes vacances

Coucou !
Bon, j'aurai passé du temps dessus mais normalement, ça y est, ça marche : je peux vous montrer mes photos de vacances ! Youhou !
Voilà, enjoy, et rassurez-vous, la suite de votre grande saga de l'été arrive bientôt sur votre blog préféré...

samedi 19 août 2006

De retour !


Bonjour à tous !
Je suis de retour dans ma Haute-Savoie natale après un tour digne du plus patriote des américains. Il va donc maintenant falloir attaquer un deuxième front car en parallèle à la suite de votre grande saga de l'été, je vais devoir raconter mes vacances comme tout bon blogueur qui se respecte. Mais bon, je n'ai pas grand chose d'autre à faire. Ah si, peut-être trouver un emploi.
Enfin rassurez-vous, on fera ça en photos, façon bible sculptée à Notre-Dame pour que même les illettrés comprennent.
Je vous dis donc à très vite, là je vais commater (décalage horaire) en lisant Harry Potter 6 (Harry Potter and the Half-blood Prince) l'avant dernier de la série, ça chauffe, ça chauffe ! Quoique ça fait pas très sérieux tout ça. Bon alors vous oubliez ce que je viens d'écrire et je vais plutôt aller commater en dissertant sur le Discours sur les fondements de l'inégalités entre les hommes de Jean-Jacques Rousseau.
Voilà c'est mieux.

samedi 12 août 2006

Salut les amish !


Un petit bonjour depuis Lancaster, en Pennsylvanie, pays des amish, après une semaine passée entre New York City et Boston. Et oui lecteurs fidèles, je ne vous oublie pas. J'en aurai des choses à raconter à mon retour. D'ici là, take care !

jeudi 3 août 2006

Interruption estivale


Ce blog part en vacance. Je suis donc navré d'interrompre votre grande saga de l'été à son moment le plus critique, mais je reviendrai, soyez rassurés, et la nuit sera encore longue.
D'ici là, j'essaierai de vous donner quelques nouvelles de la côte est des Etats-Unis.
Profitez bien de votre été et à très vite !

mercredi 2 août 2006

Chapitre 8 : Am Telefon

Voici ce que j'avais en tête : le matin même j'avais eu sous les yeux le numéro de cette chère Louise. Je ne m'en souvenais certes pas, mais l'e-mail devait être sauvegardé sur un serveur quelconque, en 0 et en 1 qui n'attendaient plus qu'un preux chevalier ou un indiana jones quelconques pour être lus et dévoilés à la face du monde. Bref, au moment même de mes enquiquinements, il y avait stocké quelque part sur la planète le numéro dont j'avais besoin.
Je n'avais pas suffisamment suivi MacGyver pour savoir comment obtenir une connexion internet à partir d'un couteau suisse et d'un cintre (que je n'avais pas d'ailleurs) mais j'avais une idée : si je n'avais pas un accès direct à ma messagerie, je pouvais en avoir un indirect, et ce par la magie du téléphone ! En chemin j'avais remarqué une cabine téléphonique sur le bord du lac, au moment où il fallait tourner à gauche et je savais qui appeler pour aller lire mes mails pour moi.
Je dois avouer qu'à ce moment précis, j'étais plutôt fier de moi.

Dix minutes plus tard, après avoir fait le bout du trajet pénible à l'envers pratiquement tout le long dans l'obscurité je pénètre dans la cabine exigue et sale. Elle grouille d'araignées, on dirait une épreuve de Fort Boyard. Je me rends compte avec inquiétude que j'ai très peu de monnaie (dieu merci, les cabines allemandes fonctionnent encore par pièces). Il va falloir jouer serrer.
Comme c'est la soirée des erreurs, je fais de nouveau une bourde : le même qui a installé le plan de la ville à la sortie de la gare a mis dans la cabine un annuaire. Et dans l'annuaire il y a le numéro de l'institut. Et comme je suis stupide, je me dis que ça vaut peut-être le coup d'appeler, et évidemment je tombe sur un répondeur gaspillant de précieuses pièces de 20 centimes d'euros.
J'allais appeler mon frère pour lui demander d'aller chercher dans ma messagerie le numéro quand soudain, un voyant se met au rouge dans ma tête façon lancement d'Ariane5 retardé. Il y a comme qui dirait un petit problème : comme j'ai fait mon sac dans l'insouciance la plus totale, j'ai évidemment oublié de prendre un stylo. Et donc je n'ai pas de quoi noter le numéro. Et si je me trompe en le mémorisant, je peux être mal si je n'ai plus assez de monnaie pour rappeler.
Souci.
Réflexion.
Solution.
Ce n'est pas pour rien que j'ai reçu un diplôme d'ingénieur en juin dernier car ingénieux, je le suis. Si monsieur. Car après un bref inventaire de mes biens, j'ai trouvé la solution audacieuse qui consiste à graver avec ma clé dans la couverture de l'annuaire le numéro. J'ai fait des essais très concluants.
Paré à noter, enfin à graver, je me saisis donc du combiné et pianote le numéro de portable de mon frère. A cette heure là, il est sûrement devant son pc.
Il décroche, c'est parti, le compteur descend vite.
"Oui allo frérot c'est moi je t'explique vite la situation j'ai peu de monnaie je suis à langenargen en allemagne j'ai pas vu louise à la gare j'ai oublié de noter son numéro il est dans un mail que j'ai reçu ce matin peux-tu aller sur mon webmail voici mon login et mon mot de passe l'un des tous derniers mails de Louise, avec un L comme Luisa merci beaucoup de faire vite je suis prêt à graver"
Le tout à un débit façon Julien Lepers.
Et là, j'avais la preuve que Dieu existait, qu'il était facétieux, et que ce soir là il m'avait choisi pour rigoler :
"Ah là ça va pas être possible. Je suis au camping à Palavas les Flots, je n'ai pas internet."
Un coup pour rien. De précieuses pièces de perdues.
Fébrilement, je compte le reste de ma monnaie. Je n'ai plus droit qu'à un essai. Après, c'est fini.
J'appelle le domicile familial et tombe sur mon père. J'explique la situation, rapidement mais en essayant de ne pas dramatiser. Je donne les instructions et, voyant le compteur très bas, telle l'équipe de Fort Boyard criant "sors ! sors !" lorsque la clepsydre est presque vide, je lui dis que ça va bientôt couper, mais qu'il me rappelle quand il aura l'info au numéro au numéro de la cabine qui était noté que je lui dicte en précisant bien le préfixe et tout et tou.
Ca coupe.
A ce moment là, j'ai vécu ce que ressent un astronaute qui vient de passer derrière la face cachée de la lune. Je ne peux rien faire sinon attendre, en espérant qu'à quelques centaines de kilomètres de là tout se goupille bien.
J'attends donc. Ca commence à faire long. Ca commence à faire vraiment long.
Je me fixe une heure : si une demi heure après mon coup de fil, je n'ai toujours pas de réponse, c'est que c'est râpé.
L'heure fatidique approche. Je me prépare à l'idée d'une nuit sur la plage à la belle étoile. L'espoir faiblit. La flamme vacille.
Ca y est, c'est fini. J'ai grillé ma dernière cartouche. Après tout, dormir dans la nuit d'été, c'est pas si terrible...

C'est à ce moment là que l'orage a éclaté.

mardi 1 août 2006

Chapitre 7 : Devant l'institut


"Louise !.. Louise !.." chevrotais-je dans la nuit allemande.
Comme seule réponse, le bruit des mats des voiliers amarrés s'entrechoquant.
Mon moral baissait graduellement à mesure que je réalisais que le quartier de l'institut n'était absolument pas résidentiel. Il était sis au beau milieu du port de plaisance et du yacht club qui, à cette heure tardive, 23h30, étaient déserts. Les dernières Mercedes étaient parties à mon arrivée.
Il y a bien une petite maison à côté de l'institut sur laquelle reposent tous mes espoirs. J'en m'en approche et reprend mes appels : "Louise es-tu là ? Louise, wo bist du ?" d'abord faiblement, par peur du ridicule, puis au fur et à mesure que je réalise que ma situation est vraiment ridicule, de plus en plus fort.
Une fois persuadé qu'à moins d'une mauvaise volonté honteuse de sa part elle m'aurait entendu et serait venue m'accueillir en courant un verre à la main en s'avouant rassurée et en me disant qu'elle avait eu bien peur mais que tout rentrait dans l'ordre, ça aurait été bête qu'on se rate, non non vraiment qu'est-ce que ça aurait été stupide, allez viens ton lit t'attend, je me rabatis sur l'institut. Lui aussi paraissait désert. Il y avait bien une porte dérobée avec des boîtes aux lettres et donc j'ai tenté de nouveau le coup mais sans plus de succès.
Ca va mal.
Réunion de crise. Point d'urgence. Concentration. Réflexion.
Je suis seul avec mon sac à dos à 23h30 dans cette ville qui s'avère plus grande que je ne pensais. Je n'ai aucune info précise sur l'adresse de Louise, j'ai oublié de la noter ainsi que son numéro de téléphone et le nom de la personne chez qui elle loge et il faut bien l'admettre, je ne la trouverai pas en faisant du porte à porte. D'une part il y a beaucoup trop de maisons et d'autre part, elle est stagaire ici et donc il est peu probable qu'on la connaisse. Il faut donc commencer à envisager de passer la nuit dehors. Heureusement il fait chaud et dormir sur la plage à la belle étoile c'est pas si mal que ça.
Avant d'en arriver là, tâchons d'explorer toutes les possibilités. Cerveau ?
- Oui mon capitaine ?
- Cogitez !
Un moyen de contacter Louise... un moyen de contacter Louise... mais... mais oui ! mais c'est bien sûr ! Son téléphone en fait, je peux l'avoir !
Eurêka !!!

La photo que je n'arrivais pas à mettre hier soir, pour suivre mes péripéties.

lundi 31 juillet 2006

Chapirte 6 : A la recherche de l'Institut

Le plan de la gare donnait comme je vous l'ai dit l'impression que l'Institut n'était pas loin, je fis même pire qu'y aller directement, j'y allais en faisant un détour : je me suis dit qu'il serait sûrement plus agréable d'y aller en prenant le bord de lac. J'ai dans un premier temps descendu la rue principale de la ville et je suis arrivé au bout d'un moment à ce fameux lac de constance. Sur des petits vieux des bancs profitaient du paysage. Enfin c'est le contraire.
Là, ma mémoire phénoménale me fit aller gauche toute. Comme indiqué il y avait bien une "promenade de bord de mer". Qu'il était doux d'y marcher en toute insouciance ! Selon toute logique, l'institut pour la sauvegarde du lac devait se situer au bout.
Et bien, cher lecteur, si j'ai appris une chose au cours des quelques mois passés en allemagne et en particulier au cours de cette soirée, c'est que la logique allemande, elle est différente de la nôtre, et elle en manque souvent, de logique.
Car aussi soudainement qu'inattendu, la promenade s'arrête. Vlan ! Boum ! Allez-vous en !
La route retourne à l'intérieur des terres, et un hôtel accapare le bord de mer.
On ne passe pas.
Circonspection. Cogitation. Premiers doutes.
Les erreurs s'enchaînent : je me dis que j'avais peut-être mal lu sur le plan et suis donc la route vers l'intérieur des terres. Peine perdue. Il y a bien des bâtiments, mais aucun qui arbore le nom d'Institut. Je tourne, je tourne et ne trouve pas. Le temps joue contre moi. Diantre !
Car je suis bien conscient que, ne pas avoir choisi le chemin direct, c'est rater des occasions de voir Louise qui, à l'heure qu'il est, est sans doute en train de me chercher sur la route.
C'est quand même pas possible ! L'heure tourne, et j'arrive méticuleusement à la conclusion que la seule solution c'est de continuer à longer le lac quitte à quasiment rentrer dans la cour du bâtiment.
Je m'y risque, et découvre de l'autre bout d'une cour pourtant marquée sans issue la suite du chemin le long du lac que je m'empresse de prendre.
Cependant, 50 mètres plus loin, il n'y a déjà plus de lumière. Heureusement, il y a encore des gens sur la plage qui font des barbecues et il y a des cyclistes. Plus ça va, plus j'ai l'impression de quitter la ville, et surtout plus je me rends compte que les distance sont beaucoup plus importantes que ce que j'avais prévu. Au bout d'un moment, le sentier ne va plus nulle part. Dépité, je pars à travers champs sur la gauche, devinant des bateaux de plaisance amarés au loin. Après moult péripéties, j'arrive en effet au sein du yacht club de langenargen.
Et, ô joie ! Le voici le voilà, l'institut est devant mes yeux ! Hourah !

samedi 29 juillet 2006

Chapitre 5 : Petit flash back histoire de rire un peu

Faisons une pause dans notre récit alors que je pars dans l'inconnu total à travers la métropole langenargienne. Par la pensée, revenons dans le temps. Vous êtes prêts ? A la une, à la deux, à la trois !

Nous sommes quelques heurese avant le départ, à Munich, dans le bureau où je fais mon stage. N'ayant pas internet dans ma chambre, je ne peux communiquer avec Luisa qu'au bureau (n'allez pas en déduire que ma productivité en a baissé pour autant). C'est la joie et la bonne humeur, je pars le soir même pour Langenargen, youpi tralala tsoitsoin. Certains iraient jusqu'à dire : Yahi !
Je reçois un e-mail. Voici ce qu'il dit à peu près :

"Cher Sébastien
Si d'aventure nous venions à ne pas nous trouver à la gare de Langenargen, voici le numéro de téléphone auquel tu peux me joindre : XXXXXXXX. J'espère que tout ira bien,
Luisa"

Pour être tout à fait complet, je me dois d'ajouter que quelques temps auparavant, j'avais même reçu un mail d'elle contenant son adresse.

Et le soir, sur mon vélo, rentrant chez moi, je me suis dit : "tiens, je n'ai pas pris le numéro de Louise. Boh, il n'arrivera rien..."

vendredi 28 juillet 2006

Chapitre 4 : Langenargen. Et là, c'est le drame...

Pour résumer, j'arrive à ma gare de destination, petite ville huppée du bord du lac de constance avec une heure de retard au compteur. Il est 22h30, bonsoir Langenargen !
Je descends sur le quai, cherche le visage familier de Louise (allez tiens on va l'appeler Luisa ça va pas lui faire plaisir mais quelque part, c'est bien mérité) que je ne trouve pas.
Zut alors, pourtant, il n'y a pas 36 trains qui partent de Lindau et qui arrivent à Langenargen, ne me voyant pas sortir du premier, elle se sera informé, aura compris la déficience helvète et en aura tout naturellement déduit quen ratant ma correspondance, j'arrivais avec le train suivant, d'ailleurs dernier de la journée.
Et bien non, j'ignore à quel stade de la réflexion un couac a eu lieu mais elle n'est pas là.
C'est fâcheux.

Et là, mesdames et messieurs, en direct et en public, sortie de nulle part, voici la bourde.
Non non, pas la bourde qui vous fais perdre quelques euros, quelques minutes de votre temps, pas la bourde "j'ai perdu mes clefs" ou la bourde "j'ai oublié le passeport sur la photocopieuse", celle là, on l'oublie vite. Non, LA Bourde. L'énorme, la bouffie, la testostéronisée, la nitroglycéranisée. Celle qui mérite que depuis quatre soirs vous lisiez une bête histoire de train en retard. Celle qui, en leçon, fait avancer l'humanité. Ouvrez grands les yeux et les oreilles.

Je suis sur le quai de la gare. J'attends quelques minutes. Je m'approche de la sortie et là, posé par le diable en personne qui devait m'épier et ricaner derrière, j'avise un plan de la ville, à première vue petite, de Langenargen. Et, la première chose que je vois sur ce plan, comme quoi la destinée bascule parfois sur des détails, c'est l'Institut für Seenforschung der Landesanstalt für Umwelt Baden-Württemberg. Et à cause de ma stupide mémoire, je me suis rappelé que c'était là que travaillait Luisa, et j'avais vaguement le souvenir qu'elle m'avait dit habiter pas loin.
Guidé donc par une inconscience qui allait s'avérer absolument dévastatrice, je décidai de partir, à pied, sans savoir exactement où elle logeait, dans une ville absolument inconnue, dans un pays étranger où personne ne me connaissait, d'ailleurs elle non plus, faire une surprise à Louise en toquant chez elle après avoir mémorisé sur le plan le trajet jusqu'à ce sympathique institut (me disais-je encore à ce moment là).

La suite bientôt.
PS : 18'24, les choses sérieuses commencent, et en plus au moins 10s de perdues à cause de lacets défaits. L'ennui c'est que les orages s'en mêlent maintenant.

mercredi 26 juillet 2006

Chapitre 3 : Lindau


Mais nous arrivons à Lindau. Moi par le train, vous par la pensée. Long trajet, et comme prévu nous n'avons pas rattrapé notre retard. Je descends du train, non sans lui donner un coup de pied dans la carlingue, et me dirige vers le tableau d'affichage en quête d'information positive.
Horreur ! J'ai raté ma correspondance. Qu'à cela ne tienne, il y a des trains pour ma destination, Langenargen, toutes les heures, et il en reste encore un dans la journée. Je dispose de quelque chose comme une demi jeure ou trois quarts d'heure, ce serait dommage de les passer sur le quai de la gare, je décide de sortir voir la ville.
Je m'y étais déjà arrêté quelques années auparavant et savait donc que ce bled était minuscule et que la gare était à 50 mètres du lac.
Intermède touristique :

Lindau (Bodensee) ist Große Kreisstadt und Verwaltungssitz des gleichnamigen Landkreises im bayerischen Regierungsbezirk Schwaben. Die Stadt liegt am östlichen Ufer des Bodensees im Dreiländereck Deutschland-Österreich-Schweiz.

Die historische Altstadt liegt auf einer Insel (0,68 km²) im Bodensee. Die Insel ist durch einen Damm und eine Brücke mit dem Festland verbunden. Zu Lindau gehört auch die winzige Insel Hoy. Die natürliche Uferform im Lindauer Bereich des Bodensees ist ein Schilfgürtel, gefolgt von Feuchtwiesen und ansteigendem festen Gelände. Der Tourismus ist im Sommer eine der zentralen Einnahmequellen. Größere wiederkehrende Veranstaltungen sind die jährlich stattfindenden Nobelpreisträger-Tagungen und die Lindauer Psychotherapiewochen. Ein weiterer Anziehungspunkt ist die staatliche Bayerische Spielbank.

Je n'aurais pas dit mieux. Bon blague à part, le lac de constance (Bodensee ou lac du sol en allemand, allez savoir pourquoi) c'est un peu leur Côte d'Azur à eux. C'est plein de petites villes balnéaires bien proprettes et Lindau est l'une d'entre elles. En une demi heure top chrono on peut tout voir(en parlant chrono, aujourd'hui j'ai fait 19'25 ce qui n'est pas si mal après cinq jours de régime bavarois à 1L de bière par jour et à manger des escalopes gross wie Russland) et j'ai donc pu faire le tour du port rapidement mais sûrement. La vue sur le lac était magnifique, en particulier les énormes nuages sur la Suisse qui brouillaient dans une couleur bleue grise les linéaments de l'horizon et les éclairs qu'on apercevait régulièrement au loin. Un très beau spectacle.

Mais c'est déjà le moment du départ. Cette fois-ci le train est à l'heure, tout comme le sera demain la suite de notre histoire.
Bonne canicule d'ici là.

mardi 25 juillet 2006

Chapitre 2 : Munich toujours.

Où en étais-je ? Ah oui, sur le quai de la gare, à Munich. Le quai 19 d'ailleurs. Quai rempli de voyageurs, mais sans train prêt à les accueillir et à les emmener vers l'ouest sauvage, le lac de constance, l'Autriche, et même la Suisse par delà les frontières !
Au bout de quelques minutes passées à manger la portion de pizza achetée au vendeur à mi-chemin entre le métro et le quai (je pense toujours à lui quand je le vois) et à réfléchir dans quelle poubelle je devais jeter le papier qui me restait à la fin (les Allemands sont un peuple Umwelfreudlich, entendez par là qu'on y trie les déchets en catégories étranges, qu'on y installe des panneaux solaires sur les toits des granges et qu'on y fait du vélo, tout cela bien sûr pour pouvoir mieux polluer le week-end en rodant sa série 5 à 230 Km/h sur autoroute ou bien en prenant un train diesel de la Deutsche Bahn). Bref, au bout de quelques minutes, les panneaux d'affichage rotatifs se mettent en branle puis se stabilisent sur un constat sans appel : le train a 30 minutes de retard.
Bigre, ma correspondance !
J'avais tout juste cinq minutes pour changer de train à Lindau, petite bourgade ma fois sympathique au bord du lac de constance. Avec ce retard insurmontable, si l'on ne m'attendait pas, j'étais cuit.
Tant pis, qui vivra verra.
Le train finit par arriver avec le retard indiqué. J'embarquai.
A ma place, quelqu'un avait laissé un 20 minutes de la région de Zurich. Et là, explication : le journal annonçait que, la veille, tout le réseau féroviaire suisse était tombé en panne. Une mécanique normalement bien huilée à plat. Retards, tracas, difficultés, stress des exams... Même le lendemain, c'est à dire aujourd'hui dans notre récit, c'est à dire il y a un peu plus d'un an maintenant, les trains passant en suisse étaient retardés. Je subissais les désagréments helvètes avec une colère contenue.
C'est que je ne savais pas encore qu'une mécanique implacable d'évènements était déclenchée, et que rien, absolument rien ne saurait l'arrêter...
A la place, j'écoutais du Prokofiev.

jeudi 20 juillet 2006

Chapitre 1 : MUNICH

München Hauptbahnhof, le 20 juillet 2006

A peine le pied posé sur le quai de la gare de Munich, les souvenirs reviennent. Il fait chaud, le trajet dans le train dont la climatisation était en panne a été long, aussi chaud que ce soir de juillet, l'an passé, qui voit le début de notre aventure. Il est là, le quai 19 à partir duquel partent les trains pour Zurich, par delà les frontières. Le vendeur de saucisses de Nürnberg est fidèle au poste, ainsi que le vendeur de pizza à qui j'avais acheté une part avant de plonger dans cette aventure. S'il savait l'importance qu'avait eu son morceau de pizza ! Il y a aussi le vendeur de sucreries. Tous les acteurs sont là.
Je parcours le trajet que j'avais effectué l'an passé à l'envers, un vendredi soir, après une semaine de travail dans la chaleur estivale. C'était enfin le week-end, das Wochenende, et je partais rejoindre Louise D. sur les bords du lac de Constance. Une brosse à dent et un tee shirt rapidement empaquetés, je sautai dans le métro et ressortai sous la verrière de la gare qui abritait la même chaleur qu'aujourd'hui.

Bon, jusque là il ne s'est pas passé grand chose, alors jouons un peu en attendant la rentrée, selon toi, ami lecteur, quel est l'élément déclencheur de notre histoire :

1) Louise D. me prévient qu'elle a un problème de bronzage non homogène et qu'elle refuse par conséquent de se montrer dans cet état ?
2) les cheminots allemands se mettent en grève pour protester contre un projet de loi bavarois réglementant de façon plus stricte le décolleté des serveuses de Biergarten ?
3) des nudistes mécontents de la qualité de leur pelouse dans l'Englicher Garten font un sit-in sur les voies ?
4) les trains suisses tombent en panne sèche un peu partout dans le pays helvète ?
5) un tableau d'Enguerrand Quarton est dérobé le jour même de la pinacothèque de Munich, c'est signé la guilde des voleurs de cd ?

Bien le bonsoir depuis Munich, Bis bald

mardi 18 juillet 2006

19'39''

Une très bonne première moitié puis un ralentissement à mi-course dans l'ascension du col de FrauHamm. Mais c'est en bonne voie.
Sinon, vous vous demandez sûrement pourquoi vous ne voyez point d'aventure trépidante poindre sur ce blog préféré de vous. C'est une question de rythme de la journée : actuellement, je n'arrive pas à trouver un créneau pour le blog autre que le soir alors que je n'ai qu'une envie, aller lire dans la fraîcheur de la nuit alpine, et donc il y a comme qui dirait un problème.
Rassurez-vous, je pars jeudi à Munich sur le théâtre même du début de notre récit pour faire des relevés, à mon retour, je n'en serai que plus prêt à noircir les écrans (ou le papier si vous imprimez).
Allez, apaches (ça change des sioux)

Oui je sais, vous êtes déçus...

...je vous avais promis la saga et rien n'est encore venu vous sortir de votre torpeur quotidienne. Alors histoire qu'on se quitte bons amis pour ce soir, je vais vous donner le titre : ça s'appellera "la nuit la plus longue".
Pour ma défense, il faut savoir que les chemins de fer fédéraux suisses et allemands me causent bien du souci, sans parler de mes affaires accumulées pendant trois ans que je dois ranger et de mon chat qui raffole de la crème fouettée carrefour.
A très vite donc, d'ici là, n'oubliez pas vos 10 fruits et légumes de la journée.

PS : ne m'en voulez pas mais je vais stocker d'ici la fin août des informations sur mon blog pour un usage absolument personnel : l'été je fais un footing quotidien et je me chronomètre histoire de la jouer comme si je préparais les JO (les éthiopiens peuvent trembler) mais l'ennui c'est que j'oublie toujours les temps que je fais, il y a deux ans j'avais battu mon record mais j'ai déjà oublié ma performance ce qui m'obligerait à demander à mes fans en combien j'avais couru et ils vont me trouver prétentieux donc là, à chaque article je vais noter mon temps comme ça, les écrits restants, je pourrai m'y retrouver. Hier 20'55 (décrassage) et aujourd'hui 19'53. Y a du boulot.

dimanche 16 juillet 2006

La saga de l'été arrive sur votre blog !

Très cher lecteur, très chère lectrice, réjouis-toi !
A l'instar de TF1 et de France2, ce blog se lance dans une grande saga de l'été !
Youhou !
Et oui, à partir de demain chaque jour un chapitre supplémentaire de cette grande aventure qui m'est arrivée l'an passé vous sera dévoilé : il y aura des rires et de l'adrénaline ! Attachez vos ceintures !

Bon en attendant cette folle histoire, vous allez quand même avoir droit au récit de ma petite journée.
Ce midi j'ai fait une expérience culinaire qui balance entre le fisaco et la grande cuisine.
Pour comprendre, le lecteur doit savoir que dans la ville capitale je ne disposais pour subvenir à mes besoins alimentaires que d'un frigo au frizeur cassé, une plaque électrique empruntée à Fabien (d'ailleurs merci beaucoup) et un four à micro onde. Difficile dans ces conditions d'exprimer tous ses talents culinaires.
Rentré dans ma vallée où, au passage Jean-Jacques Rousseau a vécu un mois en 1733, je trouve une cuisine équipée (il y a même une machine à pain) et surtout un barbecue. Quand les dernières saucisses que vous avez faites venaient du franprix boulevard st michel et ont été cuites à la poêle (si c'est pas malheureux), vous ne rêvez que d'une chose : de la bonne viande bien grillée.
Or donc, samedi soir, à Carrefour, c'est tout naturellement que je me suis dirigé vers le rayon viande de cet hypermarché en principe bien achalandé.
L'ennui c'est qu'à 19h30 le samedi, Carrefour se donne des petits airs de Franprix. Il n'y a plus rien, si ce n'est de la viande de cheval (ça va pas la tête ?) et des steaks hâchés qui s'étaient cachés (humour). Et là tilt ! Idée ! Si je me faisais des hamburgers faits maison ?
Je ne vais pas vous cacher qu'avant même d'avoir eu l'idée je savais déjà que mes hamburgers auraient tout sauf une tête de hamburger mais bon, l'expérience valait le coup d'être tentée. J'étais seul à la maison, je pouvais repousser les limites de la cuisine française sans que personne ne me voit.
Le principe du hamburger pour ceux qui ne le sauraient pas c'est de mettre un steak hâché caché entre deux tranches de pain.
La logique la plus élémentaire me fit donc aller au rayon du pain. Ca faisait depuis longtemps qu'il n'y avait plus rien au rayon des pains frais mais en revanche il restait de l'espoir au rayon des pains emballés. Espoir malheureusement déçu : bien que les étalages consacrés puissent facilement accueillir l'intégralité des marchandises de mon franprix parisien, de pain spécial hamburger, point.
Dépit et doute. Vais-je échouer aussi vite ?
Heureusement, j'avise juste à côté quelque chose qui semble faire l'affaire : du pain pour faire des "pitas" grecs. Ca devrait convenir me dis-je, en sachant très bien que ça n'irait pas mais que voulez-vous, j'étais lancé, plus rien ne pouvait m'arrêter.
Une journée passe. Il est désormais midi aujourd'hui. Et oui, le temps passe vite. Il fait chaud mais on s'en fout c'est les vacances. Il est temps de lancer le barbecue, de mettre les steaks. Jusque là tout va étonnamment bien. J'ouvre les pains grecs que je mets sur le grill un peu après les steaks. Tout cela se laisse gentiment cuire. Tout se passe bien, c'en est douteux.
Les steaks saignants, les pains commençant à cramer, je rappatrie tout ce petit monde dans mon assiette. Je mets les steaks sur une couche de pain, place des bouts de tomate (enfin de la bouillie de tomate car comme elles étaient trop mûres, c'était difficile de faire de beaux quartier s bien proprets), quelques feuilles de salades, de la moutarde, et là, ben là, grosse question existentielle : comment ils font au macdo pour recouvrir ? Parce que là en gros mon hamburger fait déjà 10 centimètre de haut. J'essaie de recouvrir et d'appuyer un peu (toutes la tomate se barre) et le prend des deux mains. Bien sûre la cohésion ne dure pas plus de 2s03 certifié tag heuer, il faut que je le reconstruise. Sans oublier mon chat qui prélève aussi au passage sa dîme en steak hâché. Je retente le coup et approche l'Objet Alimentaire Non Identifé de ma bouche qui s'ouvre en grand mais rien n'y fait, ça ne passe pas.
C'est pas grave, après tout manger avec les doigts c'est pas poli et ça risquerait de froisser Clairon qui lui mange toujours très proprement. Je vais utiliser mon couteau et ma fourchette.
Et là, on va jeter un voile pudique sur cette scène de gorétisation. C'était très bon mais il va falloir un peu revoir le concept pour rendre le tout un peu plus présentable parce que tout le monde n'ose pas comme moi lécher son assiette pour manger la moitié du plat
Il ne me reste plus qu'à trouver un nom à cette nouveauté culinaire et je pourrai rajouter de nouveau une ligne à mon cv.

jeudi 13 juillet 2006

Au fait...

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. J'ai 23 ans, et a priori toutes mes dents, en tout cas, s'il en manque, c'est pas normal. Et je vous préviens, j'ai une liste énorme de gens qui ne me l'ont pas encore souhaité. Très bien, au taux de pénalité appliqué par jour de retard actuel, ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre. Et oui les amis, ça a été réévalué au 1er juillet. C'est maintenant 10% Ainsi donc, demain, au lieu de l'habituel "bon anniversaire", il faudra faire 10% de plus, c'est à dire au lieu de 15 caractères, 16,5. Et là, vous êtes pas dans la moïse. Je suis magnanime, j'accepte les arrondis. Vous pourrez par exemple dire "bon anniversaireu" en faisant croire que vous avez l'accent marseillais.
Bon je divague. De toute façon, plus grand monde ne le lit en ce moment ce blog, entre ceux qui finissent de vomir leurs tapas au Mexique et les autres...
C'est dommage, si vous aviez été assez nombreux, je vous aurais bien révélé qui a tué Kennedy mais bon tant pis...
A la place, je vous raconterai bientôt ce qui s'est passé il y a un an : un épisode inédit de ma vie qui ouvrira d'ici quelques année un pélerinage si Louise D et Hélène M se décident à le lancer. Vous en saurez plus bientôt...
En attendant, profitez bien de votre été.

Ah, la ville capitale...

Les parisiens n'ont décidément rien compris.
Ce soir, j'ai fait la fermeture de trois parcs/lieux publics : le jardin/hall de gare du luxembourg à 21h, le vert-galant à 21h30 et la cour carrée du louvre à 22h00. Ils ne se rendent pas compte que dans n'importe quelle autre ville de France et du monde, tous les parcs et jardins ferment beaucoup plus tard ?
Fort heureusement, dès demain, je pars pour un saut dans la diagonale du vide française, je vous raconterai.
PS : pour les lecteurs parisiens, rassurez vous, je n'ai pas oublié mes sabots, on n'en a pas besoin.